La présence du moustique tigre ne signifie pas que chaque piqûre expose à une maladie virale. En revanche, sa capacité à transmettre certains virus explique la surveillance renforcée mise en place pendant sa période d’activité. Début septembre 2026, plusieurs épisodes de transmission locale de chikungunya étaient suivis en Gironde, tandis qu’un épisode de dengue identifié en Dordogne était considéré comme clos. D’autres épisodes avaient également été repérés dans plusieurs régions de France hexagonale. L’enjeu est donc de distinguer les cas importés, liés à une infection contractée lors d’un séjour dans une zone de circulation virale, des cas autochtones, qui témoignent d’une transmission sur le territoire.
Pourquoi ces virus sont-ils surveillés en France ?
Le chikungunya, la dengue et le Zika sont des maladies virales transmises par des moustiques du genre Aedes. En France hexagonale, Aedes albopictus, plus connu sous le nom de moustique tigre, est actif principalement de mai à novembre. Pendant cette période, la surveillance est renforcée afin d’identifier rapidement les infections et de limiter la possibilité d’une transmission locale.
Un cas est dit importé lorsque l’infection a été contractée à l’occasion d’un séjour dans une zone où le virus circule. À l’inverse, les cas autochtones concernent des personnes qui n’ont pas séjourné, dans les 15 jours précédant le début des symptômes, dans une zone de circulation virale située hors de l’Hexagone. Lorsqu’une transmission locale est identifiée, des investigations épidémiologiques et entomologiques ainsi que des actions de lutte anti-vectorielle peuvent être mises en place autour des lieux fréquentés par les personnes concernées.
Au 2 septembre 2026, 37 cas autochtones de chikungunya répartis dans six épisodes avaient été identifiés en Gironde, dont cinq épisodes encore actifs, et un cas autochtone de dengue avait été identifié en Dordogne dans un épisode désormais clos. Au 30 août, d’autres épisodes de chikungunya étaient également suivis en Occitanie et en Île-de-France, et des épisodes de dengue en Occitanie et en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Sur le même point de situation national, 126 cas importés de chikungunya, 353 de dengue et 11 de Zika avaient été identifiés dans l’Hexagone. Ces chiffres décrivent une situation datée : ils peuvent évoluer avec la surveillance.
Quels signes doivent conduire à consulter ?
Les symptômes ne permettent pas à eux seuls de distinguer avec certitude une arbovirose d’une autre cause. Après un séjour dans une zone où circulent la dengue et chikungunya, ou dans un contexte de transmission locale connue, certains signes doivent néanmoins inciter à demander un avis médical, notamment :
- une fièvre d’apparition brutale ;
- des douleurs musculaires ;
- des douleurs articulaires ;
- des maux de tête ;
- une éruption cutanée.
Les bons réflexes pour réduire le risque
La prévention repose d’abord sur deux axes complémentaires : éviter les piqûres de moustiques et réduire les lieux où ils peuvent se reproduire. Ces gestes sont particulièrement utiles pendant la période d’activité du moustique tigre et après un séjour dans une zone où un virus circule.
Réduire les gîtes larvaires
Autour du domicile, limitez autant que possible les petites réserves d’eau stagnante où les moustiques peuvent pondre : videz régulièrement les récipients, soucoupes ou objets qui retiennent l’eau et couvrez les réserves d’eau lorsque cela est possible.
Se protéger des piqûres
Portez des vêtements amples et couvrants lorsque les moustiques sont présents. Des répulsifs cutanés peuvent également faire partie des mesures de protection ; leur utilisation doit respecter les indications du produit et votre situation personnelle.
Rester vigilant pendant 15 jours après un séjour à risque
Au retour d’une zone intertropicale ou d’un secteur de France hexagonale où la dengue ou le chikungunya circule, continuez à vous protéger des piqûres pendant 15 jours. Ce réflexe contribue à réduire le risque qu’un moustique pique une personne infectée puis participe à une transmission locale.
Suivre les mesures locales lorsqu’un épisode est détecté
Lorsqu’un foyer de transmission est identifié, des opérations de démoustication et une recherche active de cas peuvent être organisées autour des secteurs concernés. Il est alors utile de respecter les consignes de prévention diffusées localement.
Ce qu’il vaut mieux éviter
Évitez de considérer qu’une fièvre ou des douleurs apparues après un voyage sont forcément sans lien avec une infection transmise par un moustique : le contexte d’exposition compte et un avis médical peut être nécessaire. À l’inverse, ne partez pas du principe que l’absence de voyage exclut tout risque, puisque des transmissions autochtones sont désormais régulièrement recherchées et parfois identifiées en France hexagonale. Enfin, ne misez pas sur une seule mesure de protection : la lutte contre les eaux stagnantes et la protection contre les piqûres de moustiques se complètent.
Quand demander un avis médical ?
Après un séjour en zone intertropicale ou dans un secteur de France hexagonale où la dengue ou le chikungunya circule, soyez particulièrement attentif pendant les 15 jours qui suivent. En cas de symptômes compatibles, consultez un médecin : une évaluation clinique et, si nécessaire, une analyse biologique permettent de rechercher la cause. Cette démarche est importante aussi bien pour votre prise en charge que pour la surveillance de la transmission.
À retenir
La dengue, le chikungunya et le Zika font l’objet d’une surveillance renforcée pendant la saison d’activité du moustique tigre. Les épisodes identifiés en 2026 montrent qu’une transmission locale peut survenir en France hexagonale, en plus des infections contractées lors de voyages.
Les réflexes les plus utiles restent simples : réduire les gîtes larvaires, se protéger des piqûres, rester vigilant après un séjour dans une zone de circulation virale et demander un avis médical si des symptômes compatibles apparaissent.